Papa, quand je serai grand je veux être comme toi mais avec des muscles !

Qu’il soit papa poule ou papa pingouin – («Papa pingouin» vous vous souvenez ? Ou peut-être pas ? C’est le titre de la chanson qui a représenté le Luxembourg au Concours Eurovision de 1980. Non ? Si… :o))). On referme la parenthèse et on continue. Qu’il soit papa super héros, papa gâteau, papa distrait, papa perché, fâché, pressé, papa clown, papa chanteur comme Jean-Luc, papa docteur comme non…, papa bricoleur ou maladroit, autoritaire ou protecteur, nous disons tous les ans, en juin : « Bonne fête Papa! ». Oui, mais pourquoi? D’abord !

La fête des pères à l’instar de la fête des mères est célébrée un peu partout dans le monde et comme la fête des mamans, il s’agit aussi d’une ancienne tradition quelque peu tombée en désuétude et remise au calendrier en 1910.
Dans les pays catholiques, on célèbre les pères de famille dès le Moyen Âge à la date du 19 mars, jour de la Saint-Joseph, père adoptif de Jésus. La fête fixée à cette date apparaît pour la première fois en l’an 800. Le culte de Saint-Joseph auquel l’Église associe désormais la fête des pères va se développer au XIV et XV siècles mais peine à s’imposer. Aussi la célébration de cette fête restera plutôt confidentielle jusqu’au décret de 1621 quand le pape Grégoire XV rendit la fête de la Saint-Joseph obligatoire. Ensuite en 1870, c’est le pape Pie X qui y mit son grain de sel en élevant Saint-Joseph au rang de patron de l’Église universelle. Là-dessus, Léon XIII, encore un pape, remit une couche et accorda à Saint-Joseph le titre de saint patron des pères de famille et des travailleurs. Tout ça pour un seul homme ! Nous sommes alors en 1889 et, pour célébrer l’événement, les enfants confectionnaient déjà à l’époque des cadeaux ou offraient des fleurs à leur papa. Ça, c’est pour le côté religieux de l’affaire.
Pour trouver trace de la première fête des pères non religieuse, il faut remonter au début du XX siècle, et là encore comme pour la fête dédiée aux mamans, se rendre aux États-Unis. C’est une institutrice Sonora Smart Dodd qui initie et œuvre pour qu’il y ait un jour dans l’année qui rende hommage aux papas, un désir nourrit par sa propre histoire. En effet, le papa de Sonora, vétéran de la guerre de Sécession et veuf a élevé seul ses six enfants, aussi pour la jeune femme, c’est une manière de le mettre à l’honneur et à travers lui tous les papas. C’est ainsi que la première fête des pères est née le 19 juin 1910. Dans les années ’30, Missis Dodd donnera un accent un tantinet plus commercial à la fête en proposant d’offrir des cadeaux. C’est en 1966 que Lyndon Johnson, président des États-Unis, fixe la date du Father’s Day au troisième dimanche de juin. En 1972, un autre président Richard Nixon instaura la fête des pères comme célébration nationale, la rendant ainsi officielle.
En France, c’est évidemment encore une autre histoire. En 1905, L’Etat français souhaite garder cette célébration mais lui ôter son caractère religieux histoire d’en faire un événement laïque. Mais l’Eglise ne l’entend pas de cette oreille. C’est une marque bretonne de briquets au gaz, Flaminaire, qui finira par mettre tout le monde d’accord en organisant et instaurant la première journée dédiée aux papas français en 1952 soit deux ans après la fête des mamans. Afin d’augmenter ses ventes, la marque (actuellement connue sous le nom BIC) prit l’image traditionnelle du père qui fume et lança l’idée de célébrer les papas un jour dans l’année en leur offrant un cadeau, et pourquoi pas un briquet. Ben voyons ! Marcel Quercia, patron de Flaminaire remet ainsi au goût du jour cette journée en l’honneur des papas. A l’époque, les mamans étaient les seules à bénéficier chaque année d’une journée spéciale, et ce depuis 1928. L’injustice est ainsi réparée. La fête prendra bien sa place dans le calendrier le 3ème dimanche de juin comme aux Etats-Unis, mais à l’inverse de la fête des mères celle des papas ne sera jamais officialisée en France.

Chez nous, on célèbre la fête des pères le deuxième dimanche de juin. Mais dans la région d’Anvers, on joue comme pour la fête des mères les dissidents puisque les anversois ont gardé le 19 mars, la date historique et religieuse soit le jour de la Saint-Joseph!